2026, la BD en mutation

2026, la BD en mutation


La crise du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême 2026 ouvre une double dynamique pour la bande dessinée. D’un côté, une refonte historique de la gouvernance du festival avec l’arrivée des auteurices au cœur de l’ADBDA ; de l’autre, une effervescence d’initiatives indépendantes qui inventent de nouvelles manières de célébrer la BD. Entre transformation structurelle et réappropriation collective, 2026 s’annonce comme une année charnière.

Annulation du FIBD 2026 : ce qui change pour le festival d’Angoulême et la BD

Après plusieurs mois de mobilisation des auteurices de bande dessinée, bientôt rejoint·es par les maisons d’édition qui ont unanimement annoncé le boycott/girlcott du festival, la société 9eArt+ a officialisé l’annulation de l’édition 2026 du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD). Les professionnel·elles de la BD se tournent désormais vers l’avenir du festival et, surtout, vers la question de sa gouvernance.

Une nouvelle instance pour repenser le festival

Dans ce contexte, l’association historique du Festival a été écartée au profit d’un renouvellement de l’Association pour le Développement de la Bande Dessinée à Angoulême (ADBDA). Cette instance de médiation avait été créée en 2017 par le ministère de la Culture, à la suite d’une précédente crise liée à l’absence d’autrices parmi les candidat·es au Grand Prix 2016.

Les statuts de l’ADBDA ont aujourd’hui été entièrement repensés par les pouvoirs publics afin d’y intégrer les organisations représentatives des auteurices de BD et d’illustration. L’association repose désormais sur 4 collèges :

  • Les pouvoirs publics (12 voix)
  • Les éditeur·ices – SEA pour les petites structures et SNE pour les grandes (12 voix)
  • Les auteur·ices (12 voix)
  • Les partenaires et personnes qualifiées, à titre consultatif (comme la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image – CIBDI)

ABDIL au cœur de la nouvelle gouvernance

Depuis janvier 2026, ABDIL fait partie du collège des auteurices de l’ADBDA dans sa nouvelle mouture. Ce collège est chargé de lancer un nouvel événement à partir de 2027, pour une durée de 5 ans : une nouvelle page se tourne pour Angoulême.

ABDIL siège aux côtés de 6 autres organisations :

Et 2 collectives :

Ces organisations ont choisi de se rassembler en interorganisation sous la bannière « En bande organisée ».

Nos objectifs au sein de l’ADBDA

L’ADBDA a pour mission de rassembler les acteurices public·ques, professionnel·elles et expert·es du secteur afin de contribuer au développement, au rayonnement et à la cohérence des actions liées à la bande dessinée sur le territoire.

Notre présence collective vise à :

  • garantir les droits fondamentaux des auteur·ices,
  • défendre leurs conditions de travail,
  • veiller à une gouvernance transparente et respectueuse,
  • contribuer à la construction d’un festival à la hauteur des enjeux artistiques, sociaux et économiques de la création contemporaine.

Nous portons une vision fondée sur l’égalité, le respect des personnes et la lutte contre toutes les formes de discriminations et de violences.

Un enjeu international et belge

Nous sommes fier·es de participer à ce moment historique. Au-delà de l’organisation du festival, cette interorganisation est une opportunité de convergence et de renforcement de nos luttes communes.

Nous rappelons également qu’ABDIL est la seule organisation représentative des auteurices de BD et d’illustration belges au sein de cette instance : une responsabilité importante pour faire entendre les attentes et revendications des créateurices concerné·es par Angoulême, et pour éviter un recentrage excessif sur un tropisme uniquement français dans un événement à vocation internationale.

Après l’annulation du FIBD 2026 : des initiatives alternatives émergent

Le vide laissé par l’annulation du FIBD 2026 n’est pas resté sans réponse. Plusieurs acteurices ont investi l’espace laissé vacant, parfois avec une énergie très affirmée.

Les Fêtes interconnectées de la BD par le collectif Girlxcott

Le collectif Girlxcott (https://girlxcott.org/manifeste/), groupe informel et horizontal de plus de 300 auteur·icesx, à l’origine du mouvement ayant mené au blocage puis à l’annulation du festival, organise les Fêtes interconnectées de la BD en Belgique, en France et en Espagne : https://girlxcott.org/fetes/

Gratuites, inclusives et horizontales, ces fêtes défendent une autre manière de célébrer la bande dessinée, en plaçant au cœur de la démarche : la création, la solidarité et le respect des personnes. Elles proposent une vision engagée de la BD comme champ artistique vivant, pluriel et en constante évolution, en soutenant les scènes indépendantes et la diversité des pratiques, loin des logiques de concentration et de hiérarchisation.

À Bruxelles, du 28 janvier au 1er février 2026, il y aura notamment : une exposition au Sterput, un fanzine Girlxcott, une vitrine Girlxcott dans plusieurs librairies partenaires, un karaoké à La Bagarre, une librairie éphémère, des stands d’info, une bibliothèque de consultation (ouvrages de janvier 2025 à janvier 2026), workshops, ateliers, tables rondes radio aux Ateliers du Toner (QG), une vraie-fausse cérémonie des « Prix du Fun du Girlxcott », concerts et DJ set.

ABDIL y participe activement, notamment via une table ronde le samedi 31 janvier 2026, de 16h à 17h, aux Ateliers du Toner (150 chaussée de Wavre, Ixelles), autour des enjeux actuels. Que se passe-t-il aujourd’hui ? À quelles transformations sommes-nous confronté·es ? Comment se mobiliser face aux grands groupes ? Et surtout : comment s’organiser et se défendre en Belgique ? Un véritable kit de survie pour les auteurices.

Le Grand Off à Angoulême

Du 29 janvier au 1er février 2026, Angoulême vivra également au rythme du Grand Off :
https://legrandoff.com/. Héritier du Off historique, Le Grand Off réinvente une fête indépendante, collective, gratuite et ouverte à toutes et tous, avec le soutien des commerçant·es et lieux culturels angoumoisins.

Pendant quatre jours, la bande dessinée investira la ville à travers des expositions, rencontres, dédicaces, tables rondes, concerts, événements jeune public.