Coupes budgétaires : jusqu’où ira-t-on ?
L’annulation du BD Comic Strip Festival (prévu du 25 au 27 septembre 2026) porte un coup supplémentaire à notre secteur déjà fragilisé par un manque de soutien financier et promotionnel.
La raison évoquée par Visit.Brussels est la réduction de 5,7 millions d’euros du budget en 2026 [1]. Un tel choix à non seulement des impacts économiques négatifs sur l’ensemble de la filière du livre – bande dessinée et illustration -, mais aussi dans le secteur du tourisme de loisirs et d’affaires [2].
Le BD Comic Strip Festival a réuni 63 000 visiteurs en 2025 [3], contribuant à la représentation internationale d’une bande dessinée « made in Belgium ». Comment avec avec un tel succès, peut-on envisager sa suppression ? Malheureusement, la liste des festivals annulés et des lieux culturels définitivement fermés sur la capitale ne fait que de s’allonger : suppression du festival FAME [4], annulation de I Love Science [5], fermeture de La Centrale for contemporary art [6] et disparition de La Médiathèque Nouvelle [7], etc.
La situation du secteur culturel est particulièrement inquiétante car il subit des coupes budgétaires cumulées sur 3 niveaux de pouvoir :
- 12,9 millions € en 2026 en Fédération Wallonie-Bruxelles? [8]
- 9,75 millions € entre 2024 et 2026 sur les subventions culturelles de la Ville de Bruxelles [9]
- 8 millions € d’ici à 2029 à la Région (via Visit.Brussels) [10]
Plus généralement, ces coupes budgétaires impactes l’ensemble des opérateurs culturels de la Fédération Wallonie-Bruxelles : les centres culturels, l’éducation permanente, la lecture publique, le patrimoine et les centres d’expression et de créativité [11] . Dernière mesure en date, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles prévoit une coupe de 75 % du budget du Fonds d’Aide à la Création Radiophonique (FACR) [12].
Le financement du secteur culturel ne relève pas d’un choix accessoire, mais d’une nécessité structurelle. Les activités artistiques reposent sur des modèles économiques incertains, où les coûts de création sont élevés et les revenus imprévisibles, ce qui rend impossible un fonctionnement basé uniquement sur les logiques de marché. Dans ce contexte, l’intervention publique est indispensable pour soutenir la création, garantir la diversité culturelle et permettre la continuité des pratiques artistiques. C’est pourquoi ABDIL défend, depuis toujours, un refinancement structurel du secteur : non pas comme une option parmi d’autres, mais comme une responsabilité fondamentale de l’État, indissociable du maintien d’une vie démocratique riche, critique et accessible à toutes et tous.
Pour approfondir ces enjeux, vous pouvez également consulter nos articles consacrés aux récentes coupes budgétaires et à leurs impacts sur le secteur culturel :
Budget fédéral : un coup dur pour les auteurices et un système à bout de souffle - 10 décembre 2025
Austérité en FWB : la Culture trinque encore - 18 octobre 2025
Notes
[1] "5,7 millions d’euros du budget en 2026 sur une enveloppe de 22 millions de subsides" : www.lesoir.be/737917/article/2026-03-30/ledition-2026-du-bd-comic-strip-festival-de-bruxelles-est-annulee
[2] "Un secteur générateur d’importantes retombées financières (environ 10 millions de nuitées par an) pour la capitale" : www.lesoir.be/734771/article/2026-03-15/visit-brussels-asphyxiee-par-les-mesures-dausterite-budgetaire
[3] www.rtbf.be/article/economies-a-la-region-bruxelloise-le-bd-comic-strip-festival-2026-de-bruxelles-est-annule-11702630
[4] FAME, Festival Where Arts Meet Empowerment, festival d’arts de la scène mettant en valeur le travail de femmes et minorités de genre : www.lesoir.be/729643/article/2026-02-18/clap-de-fin-pour-un-festival-bruxellois-faute-de-financements-publics
[6] www.brusselsmuseums.be/fr/actu-conseils/fermeture-la-centrale-for-contemporary-art-montrez-votre-support
[9] www.lesoir.be/715236/article/2025-12-05/bruxelles-un-budget-2026-qui-preserve-lessentiel-de-la-culture