Droits d’auteurs

Préambule : L’analyse qui va suivre ne se concentre que sur les impacts liés au secteur du livre en Belgique et plus précisément de la BD et de l’Illustration.

Les conclusions qui seront tirées ne seront peut-être pas applicables à tous·tes, nous traiterons ici du travail d’auteurice de façon générale avec toutefois une attention portée aux différents statuts sous lesquels les travailleur·euses exercent leur métier : principalement Salarié·e / Intermittent·e et Indépendant·e à titre principal.

Pour rappel, dans ce texte “DA” = Droit d’Auteur.

Dernière mise à jour : juin 2025

Réforme du droit d’auteur : clarification

Illustration de © Sara Gréselle

Illustration – © Sara Gréselle


Les avances sur droits restent, dans les contrats d’édition littéraires classiques, considérées comme des droits d’auteur à 100 %, selon une décision récente du SPF Finances. Si cela rassure une partie des auteurices, la question du fameux 70/30 reste toutefois en suspens pour certains cas spécifiques. ABDIL fait le point sur les principaux enjeux.

Les avances sur droits versées aux auteurices vont-elles être automatiquement basculées à minimum 70 % en revenu professionnels ? Selon la réponse du Service des décisions anticipées du SPF Finances : NON.

Enfin, on en sait un peu plus sur un des points les plus problématiques de la réforme du droit d’auteur (décembre 2022), dont nous avions présenté les principaux articles de loi ici. L’obligation induite dans la loi de convertir 70 % minimum des droits d’auteurs perçus en revenu professionnels, selon s’ils couvrent une prestation/commande ou non, a tenu en haleine le secteur du livre, puisque celui-ci s’appuie majoritairement sur un système d’avance sur droit pour rémunérer les auteurices. Les éditeurices belges ont introduit une demande de ruling (autrement appelée « décision anticipée ») et voilà ce qui en ressort.

Les principales infos :
 Les avances sur droit restent à 100 % du droit d’auteur, pour les contrats d’édition littéraires classiques.
 Les conditions de travail ne sont pas reconnues comme étant de type employeur·euse/employé·e, et n’induisent donc ni commande ni prestation.
 Cela reste valable même pour les livres dont l’idée de base vient de l’éditeurice (les collections historiques à thème par exemple), notamment car l’auteurice conserve sa liberté de création.

Cependant, le cas des avances sur droit versées directement à signature du contrat, sans contrepartie d’un matériel apporté par l’auteurice (scénario complet, storyboard, premières planches), n’a pas encore été tranché, mais le sera probablement bientôt. Il est donc prématuré de considérer que le 70/30 ne s’applique pas dans ce cas-ci.

Ce qui compte donc, c’est que les paiements soient faits en contrepartie de l’acceptation d’une part ou de la totalité d’une oeuvre. Quelques planches, un scénario validé... Le cas des paiements mensualisés reste sujet à discussion, il faudra toujours que l’idée d’une mensualisation induise un avancement progressif du livre, quitte à le formaliser dans le contrat.

 La décision anticipée n°2024.0450 du 09.07.2024 sur les revenus résultant de la cession ou de la concession de droits d’auteur est disponible par ici